Experience is like a piece of cloth, woven with strands of coloured yarn. Thoughts, feelings, sensations and perceptions are like the strandsseparate and distinct when we look at the colours but one indivisible whole when we look at the cloth.

La Méditation... Suite


Normalement, nous nous considérons être une entité séparée, située dans le corps. Pour découvrir ce que nous sommes vraiment, par opposition à ce qu’il semble que nous soyons, une investigation de la croyance et surtout de la sensation d’être une entité s’avère le plus souvent nécessaire.

Il est inévitable de commencer par le fait que cette investigation semble être une activité mentale, entreprise par l’entité que nous présumons être.

Toutefois, avec la progression de l’investigation, il est découvert qu’il n’y a pas d’agent séparé dans le corps, qui pense, sent, agit ou entreprend une activité appelée méditation ou investigation. Au contraire il est vu que pendant tout ce temps, même lorsque nous nous considérions être une entité séparée, localisée dans un corps, tout ce que nous étions et sommes, c’est la Conscience dans laquelle toutes choses apparaissent (y compris la croyance et la sensation d’être séparée) et de laquelle toutes choses sont issues.

Nous réalisons que la personne apparente est en fait non une entité, mais plutôt un processus de pensées et de sensations, fait seulement de mental, qui apparaît dans (et au final est issu de) l’espace connaissance de la Conscience. Inversement, nous réalisons que la méditation, que nous considérions être un processus entrepris par une personne apparente, est en fait elle-même l’espace connaissance de la Conscience dans lequel et à partir duquel toute chose est issue.

En d’autres termes, la méditation évolue, pour ainsi dire, d’un mode d’investigation à un mode de contemplation, c’est-à-dire d’être quelque chose que nous semblions faire, en tant qu’entités séparées, à être compris comme ce que nous sommes, la Présence.

A ce point, nous nous connaissons comme l’espace ouvert de la Conscience, et non comme un corps ou un mental.

Même s’il peut sembler à la personne apparente, que cette compréhension provienne d’un processus mental, ce n’est pas le cas. C’est un moment de reconnaissance, c’est-à-dire un moment où la Conscience goûte, en quelque sorte, à sa propre éternité, qui est débarrassée de la couche mentale des pensées et sensations d’être une entité. C’est seulement parce que nous reconnaissons ce que nous sommes (même si ce n’est pas une reconnaissance objective) que nous sommes capables de voir ce que nous ne sommes pas.

Le mental n’est pas, par définition, présent dans cet espace hors du temps, et on ne peut donc dire qu’il en est la cause. Le mental peut mener au seuil de cette possibilité, il peut explorer les croyances qu’il a d’être séparé et localisé et voir qu’il n’existe aucune évidence expérimentale pour une telle croyance. Là, il abdique.

En d’autres termes, l’illumination n’est pas la découverte intellectuelle de ce que nous ne sommes pas. C’est la connaissance, au-delà du mental, de ce que nous sommes. C’est cette découverte seule qui nous débarrasse de la peur de disparaître, qui est le noeud au coeur de l’entité séparée.

Cependant, bien que les vieilles habitudes de penser et sentir au nom d’une entité séparée soient blessées mortellement par ce goût éternel du soi, elles vont continuer à apparaître dans la plupart des cas. La vision claire de ces croyances et sensations pour ce qu’elles sont, est le processus apparent par lequel nous nous établissons dans la paix et le bonheur de notre vraie nature.

Ce qui nous conduit à la deuxième partie de la question : Quelles approches suggèrez-vous pour relâcher le réseau de sensations dans le corps, qui crient : “Je suis séparé”...?

Une fois qu’il a été découvert que nous sommes cette Conscience, et à partir de là, nous contemplons les localisations apparentes de “moi” dans le corps et naturellement les objets apparents du monde et les autres qui ne sont “pas moi”.

C’est dans cette contemplation désintéressée et ouverte du corps et du monde que le corps perd sa “qualité de moi” et le monde sa “qualité de non-moi”. De cette façon les sensations du corps, comme les perceptions du monde, ne crient plus : “je suis séparé, je suis exclusivement vous ou je ne suis pas vous”. Toute chose chante: “je suis faite de Vous”

C’est dans ce sens que la citation: “La méditation, c’est simplement être, c’est ce que nous sommes et pas ce que nous faisons” doit être comprise. La méditation commence avec une qualité d’investigation, avec le temps la qualité d’investigation cède la place à une attitude plus contemplative, qui, alors que les objets de contemplation sont lentement libérés de leur qualité “d’objet” et “d’altérité”, se révèle être une simple détente dans la Présence-Connaissance que nous sommes, dans laquelle et en tant que telle toutes choses apparaissent.

Du point de vue de la personne, nous semblons passer de l’investigation à la contemplation, puis à l’être.

Du point de vue de la réalité, l’Etre projette l’entité apparente en lui-même et de la même façon projette le processus apparent d’investigation et de contemplation en lui, pour se reconnaître lui-même comme il est toujours, l’Etre pur.