The mind, body or world may lack something but our Self – luminous, open, empty, Awareness, which knows this sense of lack – is inherently free of it. Thus, happiness is its nature.

La Mort d'un Etre Cher


Question: Votre point est très clair: la souffrance n’est possible que lorsque nous pensons et ressentons que nous sommes une personne. ... Sans le “moi”, il est vu très facilement que les différents phénomènes sont simplement expérimentés, sans jugement, et que même le concept “d’acceptation” semble déjà trop, puisqu’il implique “quelqu’un” qui a besoin d’accepter.
En même temps, mon mental saute sur une situation qui serait intolérable, comme la perte d’un enfant ou d’un bien-aimé. Même si j’ai compris parfaitement qu’il n’existe personne, je ne peux pas imaginer ne pas ressentir regret et peine… Est-ce que ce serait différent pour vous ?

Rupert: L’enfant ou l’ami serait perdu, mais l’amour n’est jamais perdu.

Pensez à votre relation avec votre enfant ou bien-aimé. Les éléments objectifs de l’amitié changent continuellement, c’est-à-dire qu’ils sont toujours perdus. Mais que reste-t-il en permanence ? C’est l’amour ou l’amitié.

Lorsque notre compagnon ou enfant part en voyage, ou même lorsqu’ils vont dans une pièce adjacente, nous n’avons aucun lien objectif avec eux, pourtant ressentons-nous que quelque chose est brisé ou perdu ? Non, le véritable contenu de l’amitié persiste, l’amour persiste. En réalité toute relation est définie par cette seule qualité.

Deux objets ne se rencontrent jamais. Deux “personnes” ne peuvent jamais se rencontrer. Ce que nous appelons une rencontre ou une relation est seulement la brillance ou l’éclat de cet amour partagé.

En fait, mon expérience est que lorsqu’un être aimé part, l’amour brille encore plus qu’habituellement. Tout ce qui reste est le pur amour dans lequel et en tant que tel nous nous rencontrons réellement.

C’est la même chose pour le grand départ, que nous appelons la mort. Les apparents “autres” ne sont plus présents en dehors. Ils résident maintenant dans notre coeur, en tant que pur amour, là où, en réalité, ils ont toujours résidé. Pourquoi ressentir regret ou chagrin dans un tel cas ? Les façons particulières de célébrer cet amour, dont on a pris l’habitude au fil des années, peuvent ne plus être disponibles, mais l’amour lui-même sera, comme il l’a toujours été, présent et disponible.

En fait, la mort est simplement la dissolution d’un objet, d’une personne, dans sa source et sa substance, qui est l’amour. Elle n’est donc pas le problème. C’est notre identification en tant qu’objet ou fragment, qui semble obscurcir cet amour éternel qui imprègne tout.

Nos Amis sont le visage de cet Amour. Leur départ est le grand cadeau de l’amour à lui-même, tout comme était leur présence.

En réalité, la mort et l’amour sont un, mais vus de deux point de vue différents. La mort est pour la personne ce que l’Amour est pour le Soi. Nous ne perdons donc jamais un ami.

Si nous ne prenons pas nos bien-aimés pour des entités dans cette vie, nous ne prendrons pas la mort comme une séparation. Et comment ne pas prendre nos bien-aimés pour des entités ? En ne nous prenant pas nous-même pour une personne.

Je ne veux pas dire que lorsqu’un être aimé meurt, nous avons tout le temps un grand sourire sur le visage. Non… Il y a une tendresse, une ouverture, une fonte au niveau du coeur, des souvenirs, et peut-être également des questions non résolues… C’est ce qui reste de l’amour et non la souffrance d’une personne.