The mind, body or world may lack something but our Self – luminous, open, empty, Awareness, which knows this sense of lack – is inherently free of it. Thus, happiness is its nature.

L'appel du Bien Aimé


Question: Le “je/ego” trouve un moyen de créer un scénario de souffrance et puis il en souffre…

Rupert: Le “je/ego” est simplement une pensée, qui apparaît être confirmée par des sensations dans le corps. Il n’a pas d’autre substance que la pensée qui le pense. Il ne crée ni souffrance, ni ne souffre lui-même. Il est souffrance. Si nous le prenons pour réel, alors notre souffrance semble elle aussi tout à fait réelle. Si nous avons la compréhension expérimentale qu’il n’existe pas, alors la souffrance n’existe pas non plus.

Toutefois il est trompeur d’associer le “je” et “l’ego”. “Je” est le nom que nous donnons à ce que nous nous reconnaissons intimement être - ce qui connaît ou vit l’expérience tout le long de celle-ci - alors que “l’ego” est simplement une pensée qui apparaît de temps à autre.
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Q: Pourquoi connaître tout cela n’est-il pas suffisant, et pourquoi est-ce si long ?

R: Si nous connaissons réellement cela d’une façon expérimentale, et pas seulement intellectuelle, c’est suffisant.

Pourquoi cela prend si longtemps ? A cause de cette question-même.

Avec cette question, nous créons le temps dont nous plaignons ensuite. Avec la création du temps vient l’identité séparée avec son entourage d’objets, les autres, le monde, les causes et effets etc.

Voyez que l’entité séparée n’est pas existante et son entourage ne l’est pas non plus, et l’idée que cela prend du temps disparaîtra également.

Cela c’est la réponse courte et directe. Si vous pensez et ressentez toutefois, que vous êtes une entité séparée (et il n’y a là, aucun jugement) voici une réponse taillée pour cette croyance :

Connaître ceci (si connaître se rapporte pour vous à une connaissance intellectuelle) n’est pas suffisant, car nous ne pensons pas seulement, nous ressentons et percevons. Notre expérience n’est pas faite seulement de mental, mais aussi du corps et du monde.

Si notre expérience n’était faite que de pensées, alors tant que celles-ci sont alignées avec la vraie nature de notre expérience, nous serions toujours heureux.

Cependant, si toutes nos pensées sont en accord avec la nature non duelle de l’expérience et que nous continuons à sentir en termes d’entité séparée, lorsque les sensations corporelles et les sentiments sont présents, il y a conflit.

De même si nous continuons à considérer que les objets, les autres et le monde (c’est-à-dire les perceptions) sont en dehors de nous-même et faits d’autre chose que de nous-même, notre connaissance intellectuelle a bien peu de valeur…

Votre question est tout à fait pertinente. Elle met le doigt sur une situation, qui est vraie pour beaucoup d’entre nous: “Je sais que je ne suis pas séparé, mais je sens que je le suis”.

Et c’est souvent la raison pour laquelle, cela semble “prendre tant de temps”. De nombreux enseignements s’intéressent à la croyance de se sentir séparé et localisé, mais peu s’occupent de ce dont nous parlons.

En réalité, la plus grande part de l’ignorance c’est le sentiment de la séparation, et non la croyance dans la séparation. Ainsi l’ignorance, et la souffrance qu’elle apporte, persiste longtemps même, après avoir obtenu une bonne compréhension intellectuelle de l’enseignement de la non dualité.

Alors à cette entité apparente, qui pense ne pas être présente en tant qu’entité, et se sent toutefois localisée dans un corps, je dirais : explorez vos sensations, regardez s’il existe quelque évidence de séparation.
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Q:... la nécessité de la purification ?...

R: ... L’idée que la souffrance purifie est la même chose que dire la souffrance conduit au bonheur. C’est absurde. La souffrance est un autre nom pour l’apparente présence de l’entité séparée. Cette entité apparente par définition, voile le bonheur inhérent à la connaissance de notre être. La souffrance est ce qui voile le bonheur inné, et non le chemin vers lui.

Au mieux, la souffrance est un avertissement, que nous avons oublié notre vraie nature et que nous nous sommes pris par erreur pour une entité limitée et localisée. C’est sa fonction, si l’on peut parler ainsi. Une fois qu’elle a signalé cette erreur, son job est terminé.

Si l’on ne comprend pas le message, la souffrance continue jusqu’à ce que nous nous retournions, c’est-à-dire jusqu’à ce que nous entendions l’appel de notre moi profond : “reviens, mon amour, reviens vers moi, ton Bien Aimé”

Cet appel est pour certains le début de la fin.

C’est l’appel du Bien Aimé, non les efforts d’une apparente personne, qui est tout à la fois l’impulsion initiale, le voyage et la destination.