The only place the separate self cannot stand is Now.

Le Mental, le Corps, le Monde et la Continuité


Notre monde disparaît complètement lorsque nous nous endormons. Toutes nos pensées, sensations et perceptions sont privées. Nous pensons que nous voyons tous le même monde, mais en réalité tout ce que nous voyons est notre propre perception. Un monde existant indépendamment de la perception, et dont chacune de nos perceptions serait une simple vue partielle, n’a jamais été expérimenté. Il n’existe aucune évidence de son existence.

L’expérience des autres personnes prouvent seulement leur expérience. Elle ne prouve ni votre expérience, ni l’existence d’un monde “en dehors” et indépendant de l’expérience.

Voyez clairement que lorsque le mental, le corps et le monde apparaissent, ils apparaissent simplement comme la pensée, la sensation et la perception courante.

Chaque pensée, sensation, et perception est seulement la coloration de la Conscience, tout comme l’image qui apparaît sur l’écran de TV est seulement la coloration de l’écran.

Bien que les apparences changent, tout comme les images de l’écran, leur substance, la Conscience, reste toujours identique.

Tout comme il n’existe pas de continuité entre les images qui apparaissent sur l’écran, autre que l’écran lui-même, il n’existe pas non plus de continuité entre les apparences du mental, du corps et du monde, autre que la Conscience de laquelle elles sont issues.

De même que l’écran perdure pendant que les images apparaissent, la Conscience Connaissance demeure pendant toutes les apparences du mental, du corps et du monde.

La continuité ressentie du mental, du corps et du monde ne se situe dans “rien” d’objectif, car tous les objets apparents sont intermittents.

Notre expérience de la continuité apparente du mental, du corps et du monde est en fait l’expérience de l’éternité de la Conscience. C’est le reflet de cette continuité de présence de la Conscience dans le mental.

Toutefois, parce que nous n’avons pas reconnu la présence de la Conscience, nous devons justifier ce caractère éternel quelque part, et nous le projetons sur le mental, le corps et le monde.

L’éternelle présence de la Conscience apparaît comme une continuité dans le temps et une permanence dans l’espace.

Le résultat est que nous pensons que le mental, le corps et le monde ont une continuité et que la Conscience est intermittente. C’est exactement l’inverse. La Conscience est toujours présente et le mental, le corps et le monde sont intermittents.
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Prenez comme exemple la dernière image de votre chambre à coucher, avant de vous endormir et appelons cette image A. Maintenant prenons la première image de votre chambre lorsque vous vous éveillez, et appelons la B. Puis prenons la pensée, qui dit que la chambre que vous voyez le matin est la même que celle que vous avez vue la nuit précédente, pensée C.

Notre expérience est que lorsque A est présente, B ne l’est pas et lorsque B est présente, A ne l’est pas.

Donc en fait la pensée C imagine un rapport entre une image existante B et une non existante A.

Quelle est la relation entre quelque chose qui existe et quelque chose qui n’existe pas ?

Aucune. C’est simplement une croyance qui relie les deux apparences. C’est cette croyance qui crée l’apparente continuité de A et de B, c’est-à-dire l’apparente continuité de la chambre lorsque vous dormez, et postule en conséquence, qu’un monde solide et permanent persiste lorsqu’il n’est pas expérimenté.

Une croyance similaire sur la connexion apparente entre les sensations crée le concept d’un corps persistant et identiquement une croyance dans la relation entre toutes les pensées et images crée le mental apparent.

Mais dans chaque cas, le monde, le corps et le mental que l’on imagine exister indépendamment de la Conscience, ne sont jamais réellement expérimentés.
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D’un point de vue plus élevé, même cela n’est pas exact. Il n’y a jamais d’objets, tels que la chambre à coucher, en premier lieu. Il n’y a qu’une seule “chose” la Conscience. (La chambre n’est faite que de perceptions et les perceptions sont issues de la Conscience). Comment pourrait-il y avoir continuité entre des objets non existants ? Il n’y a toujours que la Présence de substance éternellement homogène.

Quel est le rapport entre l’image actuelle de la chambre, qui apparaît dans le film et une image de la chambre qui apparaît dans le même film deux minutes plus tard ? Seulement l’écran. Rien d’autre ne les relie, mais ce ne sont pas même deux images indépendantes de la chambre en premier lieu, car elles ne sont faites que de l’écran. Leur seule réalité est l’écran.

Prenez la position de la Présence et voyez que vous n’avez jamais été nulle part ou n’avez fait quoi que ce soit. Vous êtes simplement et éternellement vous-même, toujours dans le même lieu sans lieu, étant coloré par l’image de la chambre, les images du rêve, du vide du sommeil profond, de l’image de la chambre, etc. toujours vous-même, toujours changeant et non changeant.
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Pourquoi portons-nous notre attention sur le mental, le corps et le monde ? Parce que nous croyons qu’ils sont réels. Toutefois, plus nous explorons notre expérience et plus il devient évident que la Conscience est la réalité du mental, du corps et du monde.

Comme cela devient de plus en plus clair, nous portons naturellement de plus en plus d’attention sur cette Conscience, non par effort ou discipline, mais simplement parce qu’il est naturel de porter notre attention sur ce qui est réel dans notre expérience.

A un moment donné, un basculement se produit, et nous nous trouvons naturellement dans la position de cette Présence, c’est-à-dire que la Conscience demeure dans son être propre, et est de moins en moins encline à sortir d’elle-même, en tant qu’entité apparente à la recherche du bonheur dans le monde apparent.
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Ce qui est dit ici n’est pas la preuve qu’il n’existe pas de mental, corps ou monde indépendant, mais détruit complètement la preuve apparente, qu’il existe un tel mental, corps ou monde et nous laisse ouvert à une autre possibilité.

C’est tout ce que le mental peut faire… défaire la fausse évidence qu’il a construite pour commencer, et se tourner vers la direction inconnue de la Présence. De là, c’est la Présence qui absorbe le mental plutôt que le mental qui appréhende la Présence.

C’est pourquoi dans la parabole du fils prodigue, une fois que le fils s’est retourné, c’est le père (Conscience) qui vient en courant rencontrer le fils (mental) et non l’inverse.

Et que fait le Père ? Il revêt le fils de la robe violette de l’amour, c’est-à-dire qu’il absorbe le fils en lui-même. Il redonne au fils son droit de naissance. Il lui révèle sa vraie nature, son identité avec le père.
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Q: Toutefois le mental, qui semble être une expérience privée, persiste aussi.

R: C’est l’inverse. Le mental est une expérience privée et il semble persister ! Seule une pensée apparaît à un moment donné. Il n’y a jamais de rapport entre la pensée en cours et une autre pensée, car tout autre pensée est non existante lorsque la pensée en cours est présente.

C’est simplement une pensée qui relie un fil apparent de pensées et imagine ainsi la continuité du mental. Cette continuité n’existe pas. C’est notre expérience. La seule continuité est celle de la Conscience, mais ce n’est pas une continuité dans le temps, car le temps n’est encore qu’une pensée sur le temps. La continuité de la Conscience est son éternelle Présence.

Q: Cela veut dire que mes souvenirs, croyances, peurs et désirs restent quelque part. Où se situent-ils dans le sommeil profond ?

R: Ils demeurent comme tels, ce qu’ils sont toujours, la Conscience.

Les pensées, sensations et perceptions ne sont pas comme des objets qui apparaissent dans l’espace (pour parler relativement). Si nous pensons à eux de cette façon, il est impossible de considérer qu’ils peuvent ne pas exister s’ils ne sont pas expérimentés.

Ce sont comme les images sur un écran, leur seule substance est l’écran. Lorsque l’apparence disparaît, leur substance demeure. En d’autres mots, ils demeurent tels qu’ils sont toujours, la Conscience.

Ainsi toutes les choses sont éternellement présentes. Rien ne disparaît jamais.

Nous ne perdons jamais un ami.

“Ce qui est, ne cesse jamais d’être. Ce qui n’est pas ne vient jamais à l’existence.” Parménide.