Give your mind to whatever comes and goes, but give your heart to that which remains always with you. 

l'Intervalle Hors du Temps


Q: Peut-être êtes vous d’accord avec le fait que l’intervalle hors du temps que vous désignez est tout ce qui est…

R: Oui, exactement. Du point de vue du mental, où le temps et l’espace sont considérés être l’arrière-plan de toute expérience, l’expérience elle-même est considérée être une série d’événements objectifs ou perceptions arrivant sur ou dans cet arrière-plan.

De ce point de vue, la Présence est conçue comme l’intervalle hors du temps et de l’espace entre deux perceptions ou événements.

Toutefois, du point de vue de la Présence, c’est elle-même qui est l’arrière-plan de toute expérience, et le mental, le corps et le monde apparaissent sur ou en elle “de temps à autre”. Dis autrement, le temps et l’espace (qui ne sont que des idées) apparaissent dans la Présence et non pas l’inverse.

Si nous allons plus profondément dans la nature du mental, du corps et du monde, nous trouvons qu’il n’existe aucune autre substance que cette Présence que nous sommes.

Donc au final, nous trouvons que notre Soi, cette Présence-connaissance est la substance de toute expérience, que les objets apparaissent ou non.

Cet “intervalle hors du temps et de l’espace” n’est donc un intervalle que du point de vue du temps et de l’espace. En réalité oui, c’est tout ce qui est.

Q: Je suis confus : Qui est ce “nous” qui pense être une entité séparée? ...

R: Oui, il n’y a pas de “nous”, de “je”, “d’objet” ou “d’entité”. En réalité la pensée “je suis une entité séparée” n’est pas pensée ou portée par quiconque. Elle apparaît seulement dans la Présence, comme d’autres pensées.

Toutefois, si nous savons cela, la croyance “je suis une entité séparée” n’apparaît pas. Nous ne pouvons pas croire que nous sommes une entité séparée, et en même temps comprendre qu’il n’y a pas d’entité séparée. Si nous le revendiquons, notre compréhension n’est pas réelle, mais plutôt théorique.

En d’autres termes, si “nous pensons que nous sommes une entité séparée”, nous par définition pensons, ressentons qu’il existe un “je”, un “nous” présent qui a cette pensée.

Bien sûr, en réalité cette pensée apparaît dans la Présence impersonnelle.

Q: Nous ne pouvons pas vraiment supposer que la Présence fait des choses, telle que prendre des formes…

R: Oui en supposant que la Présence fait des choses, je ne veux pas suggérer un agent ou une entité. Une telle déclaration est seulement faite pour essayer d’évoquer la compréhension expérimentale, que c’est seulement la Présence que nous nous reconnaissons intimement être, que c’est la substance de toute chose, et qu’elle est en même temps indépendante de toute chose.

Tous ces mots: Présence, substance, être, compréhension… ils suggèrent tous de manière subtile une sorte d’objet et bien entendu ce n’est pas du tout l’intention. Mais nous devons accepter la limitation des mots, lorsque nous parlons de ce sujet.

Que pouvons-nous dire qui est absolument juste et vrai… La Présence est ? Je suis ? Seulement Cela ? Non… toutes ces expressions en disent déjà trop. Peut-être simplement: “Je”, “Suis”, ou “Est” ? Non même ceux-ci sous-entendent la possibilité de ne pas être.

A ce point nous restons silencieux. Si nous avions cette conversation face à face, il y aurait de longues périodes de silence, entre, dans et autour des mots, dans lequel l’élément expérimental de la compréhension pourrait résonner. Sans cela il y a une possibilité que ce type de conversation devienne intellectuel.