Enlightenment is not an experience. It is the revelation of the true nature of all experience. 

Origine de la "Sensation du Moi"

réponse à une question

Ce ne sont pas “les choses là-bas” qui créent la “sensation du moi”.
La création du “moi” apparent se déroule ainsi :

Il y a la Présence-connaissance.
Dans la Présence-connaissance, (et n’étant fait de rien d’autre que de la Présence-connaissance) le mental apparaît, le mental dans son sens le plus large, comprenant les pensées, les sensations et les perceptions.

A ce stade, il n’y a pas forcément d’ignorance. (Par ignorance, j’entends le fait apparent d’ignorer ou de voiler la Présence-connaissance)

A un moment donné, une pensée apparaît dans la Présence (et n’étant rien d’autre que de la Présence), qui identifie la Présence avec une seule des sensations actuelles, celle d’un corps particulier.

C’est comme si l’écran de TV, s’il était capable de parler, disait: “Je suis la substance d’un seul des personnages qui apparaît dans le film, plutôt que d’être la substance de tous les personnages et de tout le reste du film.”

Avec cette pensée, la Présence, qui est en fait la substance de toutes les pensées, sensations et perceptions, semble se limiter et se localiser à une sensation particulière, avec laquelle la pensée l’a identifiée.

Cette pensée, qui identifie exclusivement la Présence avec un corps particulier, est connue comme la “pensée-je”. Parfois on parle d’elle en terme d’ignorance.

La Présence-connaissance, le véritable “Je” que nous nous savons être, est maintenant limitée à cette petite sensation. C’est la croyance “je suis le corps”.

*****

Qu’en est-il de toutes les autres perceptions qui apparaissent dans la Présence ? Si elles ne sont pas la Présence-connaissance (en vertu de notre nouvelle croyance que la Présence-connaissance est limitée à un seul corps) que sont-elles ?

A ce point, un autre concept est créé, qui est le corollaire naturel et inévitable du premier concept, la “pensée-je”. Ce second concept est “le monde” ou “les objets”.

Tout ce qui n’est pas ce nouveau “je” (le corps) est maintenant conçu comme “le monde” ou “des objets”. C’est tout ce que “je ne suis pas”.

La “pensée-je” est donc la croyance que la Présence est localisée et limitée et sa contrepartie est la croyance qu’il existe un monde (ou des objets) en dehors et indépendant de la Présence-connaissance, et de surcroît consistant en autre chose que la Présence-connaissance.

Toutefois, le “je” ou la “sensation du moi” dont vous parlez, n’est pas une pensée ou une croyance. C’est une sensation physique et c’est l’aspect le plus tenace de l’ignorance.

La “pensée-je” est comme un voile qui colore toutes les sensations et perceptions ultérieures. Elle donne l’impression que les perceptions sont en dehors, distantes, autres, séparées et “pas moi”. En d’autres termes, elle les fait apparaître comme objets. Elle fait aussi apparaître les sensations corporelles comme internes, plus proches et relevant de “moi”, en d’autres mots elles apparaissent comme sujet.

C’est la naissance de deux choses apparentes, un sujet et un objet, dvaita.

De cette façon, le corps devient en quelque sorte un réseau dense de sensations qui, par manque de vision claire, semble être le vrai “moi”.

C’est ce réseau dense de sensations corporelles qui est la “sensation du moi”. Il semble valider et nourrir la “pensée-je”.

A ce point, nous ne croyons pas seulement que “je” suis un corps, mais plus important encore, nous le ressentons.

Une autre façon de le dire est que notre expérience du corps et du monde apparaissent en fonction de nos croyances. Si nous croyons que la Présence-connaissance que nous sommes est personnelle et limitée, notre expérience du corps et du monde semblera le valider et le justifier.

Si nous comprenons que la Présence-connaissance est tout à la fois le témoin et la substance de toutes choses, notre expérience du corps et du monde le confirmera de la même manière.